Chariot élévateur : la capacité nominale ne dit pas ce que vous pourrez lever en hauteur La capacité inscrite en tête d’une fiche de chariot élévateur vaut pour une hauteur et un centre de charge donnés. Au-delà, la capacité réelle, dite résiduelle, baisse, parfois de moitié. Avant de comparer des offres, décrivez vos charges et vos hauteurs de dépose, puis lisez l’abaque du constructeur. Et quand on se demande s’il faut une aide mécanique, le Code du travail fixe des repères. La réponse en bref Ne choisissez pas un chariot sur sa capacité nominale. Demandez l’abaque de charge pour votre configuration réelle : poids et dimensions de la charge, distance de son centre de gravité aux fourches, hauteur maximale de dépose, accessoire monté. La capacité résiduelle à cette hauteur et à ce centre de charge est la seule valeur qui compte. Capacité nominale, centre de charge, capacité résiduelle Toyota définit la capacité nominale comme le poids maximal qu’un chariot peut lever jusqu’à une hauteur prédéterminée lorsque le centre de charge est en un point donné. Le centre de charge est la distance horizontale entre la face verticale des fourches et le centre de gravité de la charge. Les valeurs standard sont 400 mm jusqu’à 1 000 kg, 500 mm de 1 001 à 5 000 kg et 600 mm de 5 001 à 10 000 kg, mais un chariot donné peut être spécifié autrement : vérifiez sa fiche. La capacité résiduelle est la capacité réelle dans une situation donnée ; elle diminue quand on lève plus haut, quand le centre de charge s’éloigne des fourches et quand un accessoire ajoute du poids et avance le centre de charge. Un abaque réel, lu ligne par ligne Toyota publie l’abaque d’un chariot de 1,6 t de capacité nominale. Il montre qu’au-delà de 6 m, la capacité chute fortement, et qu’une charge longue dont le centre de gravité est à 1 000 mm des fourches divise presque la capacité par deux dès 3 m. Une palette de 900 kg reste possible à 6 m avec un centre de charge de 500 ou 600 mm, mais pas à 7 m. Hauteur de levée | Centre 500 mm | Centre 600 mm | Centre 1 000 mm 3 000 mm | 1 600 kg | 1 420 kg | 990 kg 5 000 mm | 1 600 kg | 1 320 kg | 930 kg 6 000 mm | 1 510 kg | 1 160 kg | 800 kg 7 000 mm | 750 kg | 660 kg | 460 kg 7 500 mm | 550 kg | 490 kg | 340 kg Décrire vos cas de charge Faites une ligne par format réellement manutentionné : poids maximal constaté, dimensions, position du centre de gravité, palette utilisée, hauteur de dépose la plus haute. Ajoutez le trajet : portes, rampes, sols, allées partagées avec des piétons. Envoyez le même tableau à chaque fournisseur et demandez la capacité résiduelle pour chaque ligne, avec l’abaque correspondant. Ne fabriquez pas vous-même une règle de trois à partir de la capacité nominale : l’abaque n’est pas linéaire, comme le montre la chute entre 6 et 7 m. Quand l’aide mécanique s’impose Lorsque la manutention manuelle ne peut être évitée, l’employeur doit évaluer les risques et organiser les postes pour les réduire, notamment en mettant à disposition des aides mécaniques ou, à défaut, des accessoires de préhension (article R4541-5 du Code du travail). Si ces aides ne peuvent être mises en œuvre, un travailleur ne peut porter habituellement plus de 55 kg qu’après avoir été reconnu apte par le médecin du travail, sans jamais dépasser 105 kg ; les femmes ne sont pas autorisées à porter plus de 25 kg, ni à transporter plus de 40 kg à la brouette, brouette comprise (article R4541-9). Ces seuils sont des plafonds légaux, pas des objectifs : une palette de sacs de 25 kg manipulés toute la journée justifie déjà d’étudier une aide. Limites L’abaque cité est celui d’un modèle précis publié par son constructeur : il illustre la méthode et ne s’applique pas à un autre chariot. La conduite d’un chariot, la formation, les vérifications périodiques et l’autorisation de conduite relèvent d’autres obligations non traitées ici. Sources consultées le 29 octobre 2026. À garder sous la main □ Lister chaque format de charge avec poids et centre de gravité □ Noter la hauteur de dépose la plus haute □ Demander l’abaque pour la configuration réelle □ Intégrer le poids et le décalage de l’accessoire □ Relever le trajet complet (portes, rampes, piétons) □ Évaluer le port manuel restant au regard du Code du travail Un chariot de 1,6 t lève-t-il 1,6 t à toutes les hauteurs ? Non. Sur l’abaque publié par Toyota pour un modèle de 1,6 t, la capacité tombe à 750 kg à 7 m avec un centre de charge de 500 mm. Qu’est-ce que le centre de charge ? La distance horizontale entre la face verticale des fourches et le centre de gravité de la charge ; plus elle est grande, plus la capacité baisse. Quel poids maximal peut-on porter à la main au travail ? Au-delà de 55 kg portés habituellement, il faut l’aptitude reconnue par le médecin du travail, avec un plafond absolu de 105 kg ; pour les femmes, 25 kg (40 kg à la brouette, brouette comprise), selon l’article R4541-9. Sources et repères Residual capacity guide — https://toyota-forklifts.co.uk/guides/residual-capacity-guide/ Code du travail, article R4541-5 — https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/r4541-5 Code du travail, article R4541-9 — https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/r4541-9