Banderoleuse : comparer le coût du film par palette sans perdre la tenue de charge Un rouleau moins cher ou un programme plus court ne garantit pas une palette mieux préparée. La bonne comparaison relie la consommation de film à la charge maintenue, aux incidents de fonctionnement et au résultat à l’arrivée. Avant de choisir une banderoleuse, constituez quelques familles de palettes et demandez une démonstration mesurable sur chacune. La réponse en bref Comparez le coût du film réellement consommé par palette avec une tenue de charge validée pour votre transport. Mesurez la masse utilisée, le prix au kilogramme, les ruptures et les reprises. Un pourcentage de préétirage ou un nombre de tours ne suffit pas à prouver le maintien obtenu ; les palettes difficiles doivent faire partie de l’essai. Décrire les charges avant de comparer les machines Commencez par classer ce qui quitte réellement l’atelier. Une palette de cartons réguliers, un ensemble de contenants rigides et une charge de formes mélangées ne se comparent pas sur leur seule masse. Relevez la hauteur, les débords éventuels, la répartition des colis, les arêtes et la liaison attendue entre la charge et son support. Ajoutez le trajet : transport interne, expédition directe, passage par plusieurs plateformes ou stockage avant départ. Ce relevé ne remplace pas une étude de stabilité, mais il évite de valider un programme sur une palette facile alors que les commandes quotidiennes sont très différentes. Sélectionnez un cas courant, un cas fragile et un cas irrégulier représentatifs. Le guide d’achat Lantech invite à considérer les caractéristiques des charges et la protection obtenue. Transformez ces questions en dossier de démonstration : photographies réelles, dimensions, masses et contraintes de transport. Demandez au fournisseur de préciser les exclusions plutôt que d’accepter une réponse globale « compatible avec toutes les palettes ». Distinguer film étiré et charge effectivement maintenue Le préétirage décrit un travail appliqué au film dans la machine. La force de maintien concerne le résultat exercé sur la charge. Lantech décrit cette dernière comme l’effet combiné de la force du film et du nombre de révolutions au point observé. Deux programmes présentant le même pourcentage de préétirage ne prouvent donc pas une protection identique. Cette distinction change la manière de demander un essai. Ne cherchez pas uniquement le réglage le plus élevé sur un écran. Demandez comment le maintien est évalué, à quels endroits et avec quel outil. Les points hauts, centraux et bas peuvent répondre différemment selon la forme de la charge ; le protocole retenu doit correspondre à la palette étudiée. Le fabricant rappelle aussi qu’il n’existe pas une force idéale universelle applicable à toutes les expéditions. La validation associe mesures, expérience de transport et observation du résultat. Ne recopiez pas une valeur trouvée dans un autre secteur comme consigne d’exploitation : faites définir le programme par les personnes compétentes à partir de vos charges. Calculer un coût avec des masses réellement mesurées Pour établir un coût de consommable, utilisez une masse de film par palette obtenue selon une méthode répétable. La différence de masse du rouleau avant et après un lot peut être exploitable si l’on distingue les changements de rouleau, les chutes et les essais. Le mandrin ne doit pas être compté comme film consommé. Une balance adaptée et un lot identifié rendent le calcul contrôlable. Voici un exemple entièrement fictif. Un programme A consomme 200 g de film acheté 3 € par kilogramme : 0,200 × 3 = 0,60 € par palette. Un programme B consomme 160 g d’un film à 3,50 € par kilogramme : 0,160 × 3,50 = 0,56 €. L’écart est de 0,04 € par palette, soit 80 € pour 2 000 palettes comparables. Cette économie ne suffit pas à choisir B. Elle n’a de sens que si les charges sont comparables et si leur protection reste satisfaisante. Une rupture de film, une reprise manuelle ou un dommage à l’arrivée peut changer le bilan. Présentez donc le résultat financier à côté des incidents observés, sans convertir un petit essai en promesse annuelle certaine. Exemple fictif | Programme A | Programme B Film par palette | 200 g | 160 g Prix du film | 3 €/kg | 3,50 €/kg Coût calculé | 0,60 € | 0,56 € Écart sur 2 000 palettes | Base de comparaison | 80 € de moins Condition de décision | Protection validée | Protection comparable validée Mesurer les incidents et le temps sans masquer les reprises Chronométrez un cycle dans son contexte réel. Le temps de rotation seul ne comprend pas toujours la préparation de la palette, son positionnement, l’accrochage ou la coupe du film et son évacuation. Pour comparer deux solutions, fixez le même point de départ et le même point d’arrivée. Notez les arrêts, les ruptures et les reprises sur l’ensemble du lot. Une moyenne peut masquer une palette difficile qui demande plusieurs interventions. Conservez donc le nombre de palettes traitées et la liste des incidents, avec leur famille de charge. Un temps faible sur dix charges faciles ne décrit pas le fonctionnement d’une journée variée. Le guide Lantech souligne qu’un film plus fin peut entraîner des ruptures et que les réglages influencent le maintien. L’objectif est un conditionnement fiable au coût pertinent, pas la consommation minimale isolée. La fiche d’essai doit permettre de retrouver le film exact, le programme et la charge ; sinon, un résultat favorable sera difficile à reproduire. Organiser une comparaison qui reste interprétable Préparez deux ou trois configurations au maximum pour une première comparaison. Si le film, la palette, le programme et le trajet changent tous en même temps, il devient difficile de comprendre la cause d’une amélioration ou d’un échec. Gardez des charges représentatives et identifiez clairement chaque changement réalisé avec le fournisseur. Photographiez l’état de départ et l’état d’arrivée selon des vues constantes. Documentez les déformations, déplacements, ruptures et reprises, mais n’attribuez pas automatiquement tout dommage au film : le montage de la palette, les emballages et la manutention font aussi partie de la situation. Une anomalie doit conduire à une analyse, pas simplement à augmenter la tension. Lorsque le programme retenu est établi, conservez une fiche de référence associée à chaque famille de charge. Elle doit permettre de reconnaître une palette hors périmètre. Les valeurs de réglage viennent du dossier validé et de la notice de la machine ; cet article ne propose pas de recette universelle de banderolage. Acheter une solution reproductible, pas seulement une économie annoncée Le devis doit identifier la machine, le système de préétirage, les films compatibles, les accessoires nécessaires et le périmètre de la démonstration. Vérifiez aussi les dimensions et masses de charges admissibles, l’accès au poste et les opérations prévues pour les changements de consommables. Une variante de plateau ou de mât peut modifier l’usage réellement possible. Demandez une procédure de réception qui reprend vos familles de palettes et les indicateurs convenus. Il est plus utile de disposer d’une méthode reproductible que d’une promesse vague de pourcentage d’économie. Les pièces d’usure, la disponibilité des consommables et l’accompagnement des réglages doivent apparaître séparément pour comparer les offres. Enfin, prévoyez une nouvelle vérification lorsque les cartons, les produits ou le transport changent. Le programme validé appartient à une situation précise. Le coût par palette reste un bon indicateur de pilotage lorsqu’il demeure lié au maintien de la charge et aux incidents, plutôt qu’à un chiffre de consommation présenté seul. À garder sous la main □ Classez les palettes par géométrie, fragilité et trajet. □ Distinguez préétirage du film et maintien réellement obtenu. □ Calculez le coût avec la masse de film consommée et un prix au kilogramme comparable. □ Validez l’économie avec les incidents et l’état à l’arrivée. Un film plus fin coûte-t-il toujours moins cher par palette ? Non. Son prix, la consommation réelle, les ruptures et les reprises doivent être considérés ensemble. La protection obtenue reste une condition de comparaison. Peut-on comparer uniquement le nombre de tours ? Non. Le film, sa force, la géométrie de la charge et le programme influencent le résultat. Le nombre de tours ne constitue pas une preuve autonome de maintien. Combien de palettes faut-il pour valider un programme ? Il n’existe pas un nombre universel adapté à tous les produits et trajets. Définissez avec les intervenants compétents un essai couvrant les familles de charges et les situations de transport réellement rencontrées. Sources et repères Containment Force Tool — Lantech — https://www.lantech.com/support-service/containment-force-tool/ How Tight Should You Wrap Your Pallet Loads? — Lantech — https://www.lantech.com/r3/how-tight-should-you-wrap-your-pallet-loads/ Semi-Automatic Stretch Wrapper Buying Guide — Lantech — https://www.lantech.com/wp-content/uploads/2020/04/Semi-Automatic-Stretch-Wrapper-Buying-Guide-0420-1.pdf